Le transport routier de marchandise : un maillon indispensable de la vie économique du pays

AVIS D’EXPERT DE BENOIT BARBEDETTE, Directeur des rédactions transports & logistiques chez Wolters Kluwer France

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1er avril 2015 – Le transport routier de marchandises est souvent au cœur de l’actualité du dialogue social en France. Avec environ 35 000 entreprises spécialisées, il s’agit d’un secteur clé en matière d’économie qui ne cesse d’évoluer avec la mondialisation des échanges, le développement du e-commerce et les normes européennes mises en place. Par ailleurs, le secteur tend à faire des efforts en matière de Développement Durable malgré des freins encore importants.  A l’occasion, du 28ème prix du Transporteur de l’année* et de l’ouverture de la Semaine Internationale du Transport et de la Logistique, Benoit Barbedette, Directeur des rédactions transports & logistiques chez Wolters Kluwer France, offre un panorama du secteur.

Le transport routier de marchandises : un pilier de l’activité économique
Le transport routier représente 90% du transport de marchandises en France et 400 000 emplois. Il s’agit d’un secteur incontournable de l’économie où coexistent de nombreux acteurs parmi lesquels de nombreuses PME, des TPE, ETI et des multinationales (97% des entreprises ont moins de 50 salariés). C’est également un secteur très atomisé, composé de nombreuses filières (transport de matériaux, transport frigorifique, etc.). Le transport routier de marchandises verse chaque année 8 milliards d’euros de taxes au budget de l’Etat.

Depuis 15 ans, la libre circulation des biens dans l’Union Européenne a entraîné une mutation du paysage des transports et a laissé place à une concurrence internationale forte. La France est un carrefour incontournable en Europe où règnent parfois certaines tensions en termes de compétitivité. Il existe en effet, une forte distorsion de la concurrence au niveau fiscal en raison du dumping social et également du prix du carburant.

 Un défi énergétique de taille
Les transporteurs routiers ont un rôle à jouer dans la transition énergétique et sont aujourd’hui largement contrôlés dans l’ensemble de l’Union Européenne. En effet, depuis 2011, les normes européennes d’émission sont appliquées à travers l’Europe afin de limiter les rejets polluants pour les véhicules roulants et réduire la pollution atmosphérique due au transport routier. Aujourd’hui, ces initiatives sont observables surtout en milieu urbain au sein des grands groupes et de quelques PME et restent cependant très marginal en raison des coûts importants engendrés. Certains acteurs expérimentent les véhicules aux gaz et à l’électricité à l’instar de DHL, La Poste et Geodis qui utilisent déjà, pour leurs tournées quotidiennes, des véhicules électriques. Autre exemple, le groupe Star’s Service, leader de la livraison à domicile, utilisent des voitures électriques et roulant au gaz (GNC ou GNL) réduisant significativement les émissions polluantes et les nuisances sonores. Les Transports P. Mendy, quant à eux, ont créé un pôle dédié à l’environnement afin de réfléchir aux solutions concrètes pour améliorer jour après jour le bilan environnemental et la compétitivité de l’entreprise (veille technologique, études de faisabilité, mise en œuvre d’expérimentations en interne etc.).

Depuis plusieurs années, la profession s’est engagée à respecter des chartes de bonne conduite  en matière de Développement Durable et ce afin de concilier efficacité économique et respect de l’environnement. Initiées par les pouvoirs publics, un millier de chartes ADEME, sur la base d’engagement volontaire et de contrôles, ont été signées en France par des transporteurs. Ils agissent aujourd’hui sur différents leviers à commencer par diminuer la consommation des poids lourds et favoriser la conduite économique. Dans cette optique, les temps de conduite des conducteurs routiers, sont strictement contrôlés : ils ne doivent pas rouler plus de 9h par jour. Cette réglementation, harmonisée dans tous les pays de l’UE, a plusieurs objectifs : favoriser l’amélioration des conditions au travail et de vie, améliorer la circulation routière et harmoniser les conditions de concurrence. C’est aussi un moyen de contrôler les rejets d’émission de gaz polluants. Les acteurs agissent davantage sur les comportements et les organisations des entreprises.

Les entreprises fortement engagées dans une politique de Responsabilité Sociale d’Entreprise (RSE) pourraient de plus en plus être à la recherche de moyens de moyens de transport plus propres et de partenaires impliqués dans une démarche de Développement Durable incitant les transporteurs à intégrer cette dimension dans leur stratégie et leur offre. La transition énergétique se matérialisera principalement dans les zones urbaines à court et moyen termes : la demande de transports propres et silencieux va en effet davantage augmenter en ville. Nul doute que les constructeurs vont continuer d’innover pour développer des transports respectueux et plus efficaces ce qui laisse présager une véritable progression. En matière de législation dans le fret urbain, il semble d’ailleurs nécessaire d’harmoniser les lois locales afin d’équilibrer les réglementations d’une commune à une autre, au sein des grandes agglomérations.

 Enfin, sur les grands axes, la transition énergétique devrait prendre plus de temps à se mettre en place car le camion diesel à la norme Euro 6 est le moyen le plus économiquement approprié. Les transports de fret par voie ferroviaire et l’usage du multimodal vont progresser à long terme, sur les longues distances. A ce jour, les offres d’exploitation ferroviaire sont encore trop marginales et ne représentent pas une alternative appropriée pour les transporteurs et organisateurs de transport. 

*Joël Vigneron élu le 30 mars 28ème transporteur de l’année par un jury composé des transporteurs précédemment élus, lors d’un événement organisé par l’Officiel des Transporteurs

À propos de Wolters Kluwer
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